Kail-Perwa l'astucieuse et la Grande Fanfaronnade, Volume 2

De La Grande Bibliotheque de Tamriel
Révision datée du 21 juin 2019 à 15:52 par Goultard (discussion | contributions) (Page créée avec « {{Book|developpeur=|auteur=|titre auteur=|date=|source={{média|Online}}|commentaire=|resume=|sous titre=|auteurIRL=|dateIRL=|langue=}} <poem> Tel que raconté par Nalae-P... »)
(diff) ← Version précédente | Voir la version actuelle (diff) | Version suivante → (diff)
Aller à : navigation, rechercher
Média d'origine : TES Online


Tel que raconté par Nalae-Polek, Poète lauréat du Potentat Versidue-Shaie

Kail-Perwa peina à trouver le sommeil, ce soir-là. Le guerrier en or avait affirmé que trois de ses ancêtres les plus intelligents allaient lui rendre visite. Si Kail-Perwa échouait à leur prouver sa supériorité, elle serait punie. Mais comment ?

Kail-Perwa était assez intelligente pour savoir que le guerrier en or était un esprit ancestral. En tant que tel, il avait le pouvoir de lui conférer fortune ou infortune, selon sa décision. Il pouvait même l'emmener dans l'au-delà, s'il était vraiment contrarié.

Réussirait-elle ces trois épreuves ? Un échec signifierait-il sa mort ? Toutes ces questions retardèrent le moment où Kail-Perwa parvint à s'endormir.

Lorsqu'elle s'éveilla, elle n'était que plongée dans un demi-sommeil. Elle rêvait encore, elle en était certaine, mais sa conscience n'avait jamais été aussi claire, aussi lucide qu'à ce moment. En vérité, elle se sentait davantage transportée dans un autre monde.

Et que ce monde était étrange. La terre autour d'elle était couverte d'une fine couche d'eau, froide contre ses pieds. Le ciel était d'un blanc infini. Le seul point remarquable était un arbre, noir et tordu, qui saillait de l'eau. Et à côté se tenait une femme, vêtue de rouge.

Kail-Perwa sut instantanément que ce serait le premier esprit à la juger.

La femme en rouge lui sourit. Elle était jeune et belle, et son port était noble. Lorsqu'elle parla, ce fut d'une voix semblable au vent qui annonce une grande tempête.

- Je viens te juger, déclara la femme en rouge, car tu t'affirmes plus intelligente que moi. Je suis ton ancêtre, et cela me donne le droit de te mettre à l'épreuve. Acceptes-tu mon jugement ?
- Oui, répondit simplement Kail-Perwa en s'inclinant très bas.
- En ce cas, ma tâche sera simple. Tu dois me rejoindre. Voilà tout.

Kail-Perwa se mordilla la lèvre, car elle doutait que la tâche soit si simple que cela. Mais elle ne pouvait rien faire d'autre qu'avancer. Mais tout en marchant, elle constata qu'elle s'éloignait de plus en plus. Comme si l'arbre et la femme en rouge se penchaient de plus en plus en arrière, à mesure qu'elle avançait.

- Les apparences sont trompeuses, se dit Kail-Perwa. Ce lieu me joue un tour que je n'ai pas encore compris.

Aussi regarda-t-elle en arrière, et ne vit qu'une étendue infinie d'eau. Au-dessus, un ciel infini. Mais sous ses pieds, elle ne fit que son ferlet. Et ce reflet, aussi impossible que cela paraisse, tournait le dos à la femme en rouge.

Kail-Perwa aurait pu en rire ! Quelle tromperie élémentaire ! Lorsqu'elle avançait, son reflet s'éloignait de la femme en rouge. Pour avancer vers l'esprit, c'est son reflet qu'elle devait déplacer dans la bonne direction, et non elle-même.

Alors, Kail-Perwa se détourna de la femme en rouge et se remit à marcher. C'était une sensation étrange, car ses pas semblaient éloigner le sol devant elle. Très bientôt, elle entendit un éclat de rire musical contre son oreille. Elle se retourna, face à l'esprit mystérieux, qui lui dit :
- Très bien, Kail-Perwa. Tu as résolu ma tâche. Mais dis-moi, as-tu compris la leçon ?

Kail-Perwa se mordit la lèvre et secoua la tête, car telle était la vérité.

- Pour avancer, il faut parfois reculer, expliqua la femme en rouge. Que cette leçon te guide, car il reste deux épreuves à venir.

Et à ces mots, Kail-Perwa fut éveillée par le soleil matinal.