De l'Art de l'acrobatie

De La Grande Bibliotheque de Tamriel
Révision datée du 10 octobre 2005 à 16:10 par ELOdry (discussion | contributions)
(diff) ← Version précédente | Voir la version actuelle (diff) | Version suivante → (diff)
Aller à : navigation, rechercher

De l'Art de l'Acrobatie

Par Maître Rhunen Zebavi




Maître Gothren accepta de voir les acrobates car il avait besoin de distraction. Il affrontait depuis des mois le conseiller telvanni, maître Néloth. Depuis peu, il se trouvait toujours sur la défensive. C'était intolérable – maître Gothren, perdre une bataille face au méprisable Néloth ! Inspirées par l'arme de leur maître, le Rasoir de Mérunès, les troupes de Néloth, d'ordinaire assez lâches, étaient presque invincibles. Les propres troupes de Gothren n'avaient plus d'espoir et elles pouvaient seulement espérer que Mérunès Dagon viendrait reprendre son arme. Mais en voyant le chaos qu'elle provoquait, il semblait plus que probable que le prince daedra permettrait à maître Néloth de conserver cette arme quelque temps.


Un spectacle d'acrobate apporterait un peu d'apaisement


" Quels tours votre troupe peut-elle accomplir ? demanda le magicien au chef des acrobates, Rhunen.


- Puissant Gothren, hélas nous ne connaissons nul tour. Toutes les techniques acrobatiques que nous employons sont réelles et sans illusions. Nous aimerions connaître des tours, car il est vraiment très ardu d'apprendre les véritables techniques.


- Très bien, quelles techniques acrobatiques pouvez-vous accomplir ? demanda Gothren avec ce qui semblait être un sourire.


- Maître Jéreth vous éblouira en jonglant avec quinze globes enflammés tout en sautant sur du verre brisé. Maîtresse Tulkiande vous surprendra en se tenant sur un doigt tout en faisant tournoyer des cerceaux avec ses jambes. Maître Méarvis n'aura qu'une simple lame d'ébonite.


- Et l'étrangère ? demanda le khan des cendres avec une moue de mépris et un geste dédaigneux en direction de la femme rougegarde de la troupe.


- Maîtresse Sényndie ? Ha ! Puissant Gothren, elle est originaire du désert d'Alik'r en Lenclume, où elle est renommée pour ses talents de grimpeuse sur les parois les plus abruptes. Il faut que vous la voyiez à l'ouvrage pour le croire. Elle se déplace aussi aisément à la verticale que vous et moi à l'horizontale.


- C'est très bien mais je n'apprécie pas les étrangers au sein de ma cour, répondit le khan des cendres. Nombre d'entre eux sont des espions.


- Oh ! Eh bien, maître Néloth avait le même sentiment que...


- Néloth ? gronda Gothren. Vous avez donc diverti ce fils de catin ?


- Il y a deux jours... oui. Je me souviens qu'il a évoqué les relations tendues qu'il entretient avec vous. Il s'est également inquiété des étrangers de notre troupe, bien que ce soit de l'acrobate khajiit, maître S'Rabba, dont il se méfiait le plus. En fait, l'ironie veut qu'il pensait que S'Rabba était un de vos espions. Enfin, vous connaissez les Khajiits. Peut-être pas !


- C'est une race d'esclaves qui n'a que peu d'intérêt à mes yeux, grogna Gothren.


- Eh bien ! Vous êtes comme maître Néloth, dans ce cas, dit rapidement Rhunen, parfaitement conscient de la rage grandissante de Gothren que cette remarque venait d'irriter. Il n'en pensait pas moins des Khajiits. Ou de leur sinistre sens de l'humour. Il a pris au pied de la lettre certains commentaires sarcastiques de maître S'Rabba et nous avons tous été torturés pour obtenir des informations sur vous et vos troupes. Vous n'avez sans doute jamais été torturé pour des informations que vous ne possédiez pas, n'est-ce pas ? Je ne vous le recommande pas. Finalement, on nous a laissés partir en nous faisant clairement comprendre de ne plus jamais remettre les pieds à Sadrith Mora. En fait, on ne nous a pas tous laissés partir. Maître S'Rabba semble avoir succombé sous la torture. Vous avez certainement déjà torturé des races d'esclaves et vous savez comme il est facile de les briser.


- Non, je ne l'ai jamais fait, répondit maître Gothren. Sa colère s'était évanouie.


- Nous aurions probablement dû partir après cette mésaventure mais nous avons estimé qu'il nous était redevable pour le divertissement que nous lui avions offert sous la torture. Nous ne savions pas comment être payés mais, au cours de ses divagations, il a mentionné le fait qu'il possédait une babiole ayant beaucoup de valeur. Une sorte de rasoir...


- Le Rasoir de Mérunès, faillit s'étrangler Gothren. Que... Qu'avez-vous fait ?


- Maître Harakostil et maître Thélégorn se sont contorsionnés pour passer sous les portes afin d'abaisser le pont menant à la cour principale de la forteresse. Maîtresse Tulkiande, maître Méarvis, maître Jéreth et moi-même avons formé une pyramide pour permettre à maîtresse Sényndie de grimper sur la tour de Tel Naga. Elle l'a escaladée jusqu'à son sommet.


- Elle l'a escaladée ? ! demanda Gothren qui connaissait bien cette tour.


- Elle était haute mais la surface de ses champignons telvannis est comme une échelle pour quelqu'un ayant les compétences de maîtresse Sényndie. En quelques minutes, elle était dans la place avec le rasoir à la main. Quelques minutes plus tard, elle était redescendue la tour et nous nous précipitions à l'Auberge du Passage. Je dirais en toute humilité que personne n'est plus rapide que nous à la course à pied mais les gardes de Maître Néloth se montrèrent particulièrement rapides. Pendant que je distrayais les gardes, j'envoyai ma troupe vers les quais, de l'autre côté de la porte.


- Je dois avouer que je n'aurais jamais imaginé qu'un voyageur acrobate pouvait accomplir un tel acte de bravoure, dit Gothren.


- Ce n'était pas de la bravoure, c'était un travail comme un autre, sourit Rhunen. Quand on songe à l'or qu'il faut pour bien entraîner une troupe, il me semblait plus approprié de sauver tout le monde. Quoi qu'il en soit, j'ai attiré les gardes à l'arrière de l'Auberge du Passage, loin des autres et quand j'eus la certitude qu'ils étaient à l'abri, je sautai par-dessus le mur et me jetai à l'eau.


- Vous avez vraiment sauté par-dessus le mur ?


- Et bien, en fait, oui. C'était plutôt haut. Mais ce fut fort simple, surtout que je n'avais à atterrir que dans de l'eau. Mais tout cela n'est qu'une question de contorsion du corps et de roulé-boulé. Je peux vous en faire la démonstration si vous voulez.


- Plus tard si cela ne vous fait rien, répondit le khan des cendres. Que s'est-il passé ensuite ?


- Nous sommes arrivés ici, à la cour, se contenta de répondre Rhunen.


- Et quand est-ce que maître Néloth vous a repris le Rasoir de Mérunès ?


- Puissant Gothren, cette partie de l'histoire ne s'est pas encore produite, répliqua Rhunen. Etes-vous disposé maintenant à assister à notre spectacle ? Je ne vous ai pas encore parlé de notre numéro acrobatique au cours duquel maître Méarvis jongle avec une simple lame d'ébène dans une main et une poignée de roseaux dans l'autre. Je ne veux pas vous gâcher la surprise mais, à la fin de son numéro, il ne reste que quelques feuilles de papyrus très fines.


- Cela me paraît passionnant, maître Rhunen, dit Gothren. J'attends avec impatience d'assister à cela dans quelques jours mais, pour le moment, je dois vous quitter pour rejoindre maître Néloth sur le champ de bataille. Je reviendrai bientôt célébrer la victoire et je veux assister à tous vos numéros d'acrobates. Pendant ce temps, vous serez honorés comme des hôtes prestigieux et vous aurez accès à tout le luxe que peut se permettre le grand procurateur de la Maison Telvanni. "


" Alors, le gîte et le couvert seront aussi agréables que pour un spectacle de troisième zone à Rihad, fit Sényndie tandis qu'ils regagnaient leurs chambres quelques heures plus tard. Pourquoi nous embêter à donner des spectacles dans des régions paumées ?


- Il y a déjà tant de jongleurs à Rihad ", répondit Rhunen avec un haussement d'épaules.