La chute de Vitharn : Différence entre versions

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Version du 29 mars 2014 à 15:33

Vitharn : la chute

Chapitre I
Dans lequel la forteresse de Vitharn est bâtie et passe de la première génération de souverains à la seconde.

Le comte Vitharn, qui construisit sa forteresse dans la boue de Démentia, rassembla à lui tous ceux qui étaient prêts à lui jurer allégeance. Des tribus voisines de fanatiques furent unies en tant que vassaux pour protéger ses terres et sa lignée, et c'est ainsi que le comte vécut dans les îles. La comtesse Mawean et lui engendrèrent Csaran et Nweala, premier fils et première fille de Vitharn.

La mère et le père de Csaran pensaient qu'avec l'influence politique appropriée, Csaran pourrait sans aucun doute usurper la place de Shéogorath et emmener l'archipel de Shivering Isles vers un âge de prospérité. De son côté, le comte Vitharn refusait même de reconnaître la présence de Shéogorath, considérant que ses descendants et lui étaient les souverains incontestables des îles.

Ceci, évidemment, amusait follement le Dieu fou, et il autorisa donc le mariage de Csaran à Lueur-de-Clairière, fille d'une sage-femme argonienne convaincue que la sphère mortelle ne vaudrait à sa fille que haine et oppression.

Lueur-de-Clairière s'avéra pour Csaran une comtesse à la hauteur des attentes du plus exigeant des habitants des îles. Elle ne désirait rien d'autre que de faire la fierté et l'honneur de sa maison et de sa cour d'adoption. Des années durant, son esprit resta intact, bien qu'elle vécût au coeur même de Démentia. Hélas, nul ne saurait résider trop longtemps dans l'archipel de Shivering Isles sans les bénédictions du seigneur Shéogorath, et Lueur-de-Clairière finit par passer de l'autre côté de miroir du fait de l'infidélité de son époux, le comte.

Csaran faisait preuve d'un népotisme obsessionnel et ne faisait confiance à aucune des personnes n'étant pas de son sang, y compris sa femme. Bien que Lueur-de-Clairière eût donné au comte un fils (qui disparut des îles à sa vingtième année), on sait qu'ils partagèrent de moins en moins fréquemment leur couche tandis que la paranoïa de Csaran augmentait en intensité. Il se retrouva dans les bras de sa soeur Nweala, qui enfanta au terme de leur relation incestueuse l'héritier présomptif Cesrien. Certains d'entre nous se souviennent personnellement du règne de Cesrien et de sa contribution à la chute de Vitharn.

Chapitre II
Dans lequel la naissance du comte Cesrien annonce un âge glorieux, sanglant et bref pour Vitharn.

Violent de nature et d'un tempérament impulsif, Cesrien cherchait des ennemis là où il n'y en avait pas. Ses premiers jours sur le trône de Vitharn virent l'extermination de toutes les tribus d'hommes, de mers et de bêtes à portée de vue de la forteresse, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus aucune.

Durant son bref règne, l'essentiel de la côte sud de Démentia était un endroit qu'il était dangereux de traverser, jonché des corps des importuns ayant tenté de franchir les frontières de Vitharn, crucifiés sur les arbres pour délimiter son territoire. En plus de son tempérament sadique, le comte Cesrien était aussi connu pour sa lenteur d'esprit et sa santé défaillante.

De fait, Cesrien était né avec des jambes qui paraissaient de longueur différente et sa respiration était bruyante et laborieuse. Durant sa jeunesse, les tuteurs avaient eu bien du mal à éduquer ce petit garçon morose. Les sages-femmes et les bonnes d'enfants l'entouraient, s'occupant de ses moindres maux à l'aide de baumes et de vapeurs provenant de tous les coins des îles. Mais, avec l'âge, il les fit congédier en se montrant souvent violent en les renvoyant.

Démontrant peut-être l'influence de son père, Cesrien devint de plus en plus introverti, n'acceptant plus que quelques courtisans en sa présence. Il n'était vu en public que lorsqu'il organisait un raid supplémentaire dans les campagnes auprès de ses vassaux fanatiques.

Adhérant de manière inattendue aux recommandations désespérées de ses conseillers, Cesrien marqua un temps d'arrêt dans son pillage des terres environnantes pour prendre femme et s'assurer de la continuation de la noble lignée de Vitharn. De plus en plus souffrant, il choisit comme promise une paysanne pleine de vie d'une commune hérétique des terres sauvages de Mania. Pour tout dire, la comtesse Jideen n'aurait pas pu être plus différente de lui. Les vassaux fanatiques, depuis longtemps loyaux à leur accord ancestral avec le comte Vitraen, s'enflammèrent face à cette hérésie. Les tensions ne cessèrent de monter tandis que la santé de Cesrien déclinait de manière définitive. Son jeune fils, Cirion, monta sur le trône de Vitharn.

Chapitre III
Dans lequel les conflits se multiplient à Vitharn et le comte Cirion se trouve dépassé.

Le jeune comte Cirion n'était guère apparu en public avant son couronnement hâtif dans la cour intérieure de la forteresse de Vitharn. Certains affirment que, durant la cérémonie, il arborait encore les marques d'une correction infligée par la main affaiblie de son père mourant. Si Cirion avait été assez âgé pour gouverner, son comportement doux et réservé aurait pu suffire à mettre un terme à la tension qui bouillait parmi les tribus vassales. Mais sa mère, la comtesse Jideen, fut forcée d'assumer nombre des devoirs que son mari avait si longtemps ignorés.

Aux dires de tous, Jideen était une comtesse très capable et aimée par son peuple. Mais les chefs des vassaux fanatiques ne pouvaient contenir indéfiniment leurs sentiments personnels outragés face à son héritage manien. Malgré ses tentatives pleines de tact pour se montrer diplomate, l'animosité à son égard était profondément ancrée et ne cessa d'augmenter au fil des ans. Il est même sans doute admirable que les vassaux soient restés si longtemps fidèles à leur serment.

Lorsque Cirion fut enfin en âge de régner, le timide nouveau comte fit de son mieux pour monter gracieusement sur le trône. Mais sa peur du monde était telle que même l'ombre d'un oiseau passant au-dessus de sa tête suffisait à l'effrayer. Il était pratiquement incapable de s'adresser publiquement au peuple et lorsqu'il tenta d'apaiser ses vassaux, toujours offensés par l'héritage de sa mère, il put à peine maîtriser sa terreur. Certains disent même qu'il se souilla avant d’avoir fui la salle du trône.

Le destin était en marche et la patience des vassaux fanatiques finit par être à bout. Les guerriers encerclèrent Vitharn. La garde personnelle du comte n'était pas équipée pour repousser l'attaque et le siège ne dura qu'une journée. Depuis le jour de cette bataille, aucune âme vivante n'est sortie de Vitharn. Les légendes locales parlent d'un combat incessant entre les esprits des vassaux fanatiques et les défenseurs peu nombreux de Vitharn, condamnés par la traîtrise des fanatiques et la lâcheté de Cirion à revivre indéfiniment leurs derniers instants.