La Danse du Feu, chapitre 7 : Différence entre versions

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Chapitre VII
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Tous les marchands et les bureaucrates jaloux qui avaient tenté de décrocher le contrat de reconstruction du Val-Boisé assistèrent au banquet tenu au palais du Silvenar. Ils lançaient des regards haineux à Décumus Scotti, Liodès Jurus et Basth. Cela mit Scotti mal à l'aise, mais Jurus adorait ça. Pendant que les serviteurs amenaient plat après plat de viandes rôties, Jurus se servit une coupe de jagga et porta un toast en l'honneur du fonctionnaire.
 
Tous les marchands et les bureaucrates jaloux qui avaient tenté de décrocher le contrat de reconstruction du Val-Boisé assistèrent au banquet tenu au palais du Silvenar. Ils lançaient des regards haineux à Décumus Scotti, Liodès Jurus et Basth. Cela mit Scotti mal à l'aise, mais Jurus adorait ça. Pendant que les serviteurs amenaient plat après plat de viandes rôties, Jurus se servit une coupe de jagga et porta un toast en l'honneur du fonctionnaire.
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Scotti fit le tour de la grande salle, jusqu'à ce qu'il voie des diplomates en train de boire des coupes d'un liquide brun fumant qu'ils puisaient dans une grande urne d'argent. Il leur demanda si c'était du thé.
 
Scotti fit le tour de la grande salle, jusqu'à ce qu'il voie des diplomates en train de boire des coupes d'un liquide brun fumant qu'ils puisaient dans une grande urne d'argent. Il leur demanda si c'était du thé.
  
"Du thé fait avec des feuilles, faillit s'étouffer le premier diplomate. Mais pas au Val-Boisé. C'est du Rotmeth."
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"Du thé fait avec des feuilles ? faillit s'étouffer le premier diplomate. Pas au Val-Boisé. C'est du Rotmeth."
  
 
Scotti s'en servit une coupe et y goutta. La boisson était à la fois amère, sucrée et très salée. Au premier abord, le goût était très désagréable mais, un instant plus tard, Scotti se rendit compte qu'il avait vidé la coupe et qu'il s'en servait une seconde. Un long frisson lui traversa le corps. Tous les sons de la salle semblaient incohérents, mais sans que cela soit effrayant.
 
Scotti s'en servit une coupe et y goutta. La boisson était à la fois amère, sucrée et très salée. Au premier abord, le goût était très désagréable mais, un instant plus tard, Scotti se rendit compte qu'il avait vidé la coupe et qu'il s'en servait une seconde. Un long frisson lui traversa le corps. Tous les sons de la salle semblaient incohérents, mais sans que cela soit effrayant.
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Scotti se mit à vomir. Il jeta un froid dans la soirée mais, quand Décumus Scotti fut conduit dans son manoir, les invités continuèrent à dîner. L'Unthrappa fut apprécié de tous. Encore plus quand le seigneur Vanech en prit un morceau et découvrit le premier des deux rubis qui y étaient enfouis. Que les Bosmers étaient raffinés pour faire un tel plat, se dirent les Cyrodiléens...
 
Scotti se mit à vomir. Il jeta un froid dans la soirée mais, quand Décumus Scotti fut conduit dans son manoir, les invités continuèrent à dîner. L'Unthrappa fut apprécié de tous. Encore plus quand le seigneur Vanech en prit un morceau et découvrit le premier des deux rubis qui y étaient enfouis. Que les Bosmers étaient raffinés pour faire un tel plat, se dirent les Cyrodiléens...
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Version actuelle datée du 27 août 2015 à 00:30

Auteur réel : Ted Peterson
Média d'origine : TES 3 : Morrowind



Situation : Silvenar, Val-Boisé
Date : 13 sombreciel, 3E 397

Tous les marchands et les bureaucrates jaloux qui avaient tenté de décrocher le contrat de reconstruction du Val-Boisé assistèrent au banquet tenu au palais du Silvenar. Ils lançaient des regards haineux à Décumus Scotti, Liodès Jurus et Basth. Cela mit Scotti mal à l'aise, mais Jurus adorait ça. Pendant que les serviteurs amenaient plat après plat de viandes rôties, Jurus se servit une coupe de jagga et porta un toast en l'honneur du fonctionnaire.

"Je peux vous l'avouer, maintenant, dit Jurus, j'avais de gros doutes concernant votre participation à cette aventure. Tous les autres fonctionnaires et agents des commissions d'aménagement que j'ai contactés étaient plus agressifs, mais aucun d'eux n'est parvenu jusqu'ici et encore moins jusqu'à la salle du Silvenar. Partagez donc une coupe de jagga avec moi.

- Non, merci, répondit Scotti. J'ai trop bu de cette drogue à Falinesti et j'ai failli, à cause d'elle, me faire vider de mon sang par des tiques géantes. Je trouverai autre chose à boire."

Scotti fit le tour de la grande salle, jusqu'à ce qu'il voie des diplomates en train de boire des coupes d'un liquide brun fumant qu'ils puisaient dans une grande urne d'argent. Il leur demanda si c'était du thé.

"Du thé fait avec des feuilles ? faillit s'étouffer le premier diplomate. Pas au Val-Boisé. C'est du Rotmeth."

Scotti s'en servit une coupe et y goutta. La boisson était à la fois amère, sucrée et très salée. Au premier abord, le goût était très désagréable mais, un instant plus tard, Scotti se rendit compte qu'il avait vidé la coupe et qu'il s'en servait une seconde. Un long frisson lui traversa le corps. Tous les sons de la salle semblaient incohérents, mais sans que cela soit effrayant.

"Ainsi, c'est vous qui avez obtenu du Silvenar qu'il signe ces contrats, fit le second diplomate. Je suppose que cela a demandé de sérieuses négociations.

- Pas du tout, pas du tout, juste une connaissance élémentaire de la négociation commerciale, grimaça Scotti, en se versant une troisième lampée de Rotmeth. Le Silvenar était particulièrement désireux d'associer l'Etat impérial aux affaires du Val-Boisé… autant que je l'étais de toucher ma commission. Ce désir commun fait que la seule difficulté était d'approcher la plume des contrats.

- Cela fait longtemps que vous êtes au service de Sa Majesté impériale ? demanda le premier diplomate.

- C'est un peu plus compliqué que cela à la cité impériale. Entre vous et moi, je n'ai même pas de travail à proprement parler. J'étais employé par le seigneur Atrius et sa commission d'aménagement, mais j'ai été viré. Et les contrats proviennent du seigneur Vanech et de sa commission d'aménagement, parce que je les ai récupérés sur Réglius qui était un concurrent, et un brave type, jusqu'à ce qu'il se fasse tuer par les Khajiits."

Scotti vida son cinquième verre.

"Quand je rentrerai à la cité impériale, les vraies négociations vont commencer. Je vais aller chez mon ancien employeur et le seigneur Vanech et j'vais leur dire... hé ! Vous là ! Lequel de vous deux veut ces contrats ? Et y vont s'battre pour les avoir. J'vais m'négocier des pourcentages comme jamais personne n'en a vus.

- Vous n'êtes donc pas un représentant de Sa Majesté impériale ? demanda la premier diplomate.

- Z'avez rien entendu à c'que j'ai dit ? Vous êtes stupide ?"

Scotti se sentait envahi par la colère, mais elle se résorba très vite. Il tituba et se servit une septième rasade.

"Les commissions d'aménagement sont des affaires privées, mais elles représentent tout de même l'empereur. Je suis donc un représentant de l'empereur ou plutôt je le serai. Quand j'aurai ramené ces contrats. C'est très compliqué. J'comprends pourquoi vous m'suivez pas. C'est comme c'que dit l'poète, la danse du feu, si vous voyez l'illusion, euh, l'allusion.

- Et vos collègues ? Sont-ils des représentants de l'empereur ?" demanda le second diplomate.

Scotti éclata de rire en secouant la tête. Les diplomates le saluèrent et se rendirent auprès du ministre. Scotti tituba hors du palais et erra à travers les étranges avenues organiques de la cité. Il lui fallut plusieurs heures pour trouver le Palais de Prithala et sa chambre. Une fois sur place, il s'endormit.

Le matin suivant Basth et Jurus, le réveillèrent en le secouant. Il se sentait encore à moitié endormi et il était incapable d'ouvrir complètement les yeux. Mais sinon, il allait bien. Il se rappelait vaguement sa conversation avec les diplomates, comme un souvenir d'enfance.

"Au nom de Mara, qu'est-ce que c'est que le Rotmeth ? demanda-t-il.

- Du jus de viande rance et fermentée avec plein d'épices pour neutraliser les poisons, sourit Basth. J'aurais dû vous prévenir de ne boire que du jagga.

- Maintenant, vous devez comprendre ce qu'est le Mandat de la Viande, se moqua Jurus. Ces Bosmers préféreraient se dévorer entre eux plutôt que de toucher à un fruit ou à un légume.

- Qu'est-ce que j'ai dit à ces diplomates ? s'écria Scotti à demi paniqué.

- Rien de bien méchant, apparemment, répondit Jurus en tirant de sa poche quelques papiers. Votre escorte vous attend en bas pour vous conduire jusqu'à la province impériale. Voici votre sauf-conduit. Le Silvenar semble impatient que les affaires démarrent vite. Il a promis de vous envoyer un trésor des plus rares quand les contrats seront honorés. Voyez, il m'a déjà fait un présent."

Jurus montra sa nouvelle boucle d'oreille sertie d'un magnifique rubis. Basth montra également la sienne. Les deux individus corpulents quittèrent la chambre de Scotti pour que ce dernier puisse se préparer.

Un régiment entier de gardes du Silvenar attendait dans la rue devant la taverne. Les soldats encadraient un chariot frappé des armoiries du Val-Boisé. Encore sonné, Scotti s'installa dedans et le capitaine de la garde donna le signal. Le convoi se mit en route au galop. Scotti se secoua et regarda derrière lui. Basth et Jurus lui disaient au revoir.

"Attendez ! cria Scotti. Vous ne venez pas avec moi ?

- Le Silvenar a demandé que nous restions là en tant que représentants impériaux ! cria Liodès Jurus. Au cas où il faudrait d'autres contrats et d'autres négociations ! Il nous a nommés Unthrappa, un titre honorifique pour les étrangers à la cour ! Ne vous inquiétez pas ! Il nous faudra assister à de nombreux banquets ! Vous vous débrouillerez très bien pour les négociations avec Vanech et Atrius, et nous, on s'occupera des affaires ici !"

Jurus continua à hurler des conseils, mais sa voix se fit lointaine et indistincte. Bientôt, alors que le convoi tournait dans une des rues de Silvenar, il ne fut plus visible. La jungle apparut et, un instant plus tard, le convoi s'y engagea. Scotti ne l'avait parcourue qu'à pied ou sur des esquifs très lents. Maintenant, elle défilait tout autour de lui en une profusion de verts. On avait l'impression que les chevaux se déplaçaient encore plus vite dans le sous-bois que dans les rues de la cité. Aucune des odeurs, aucun des sons inquiétants de la jungle ne franchissait la barrière de l'escorte. Scotti avait l'impression d'assister à un spectacle sur la jungle où l'on faisait défiler en toile de fond un écran vert qui ne faisait que suggérer ce lieu.

Le voyage dura deux semaines. Il y avait beaucoup de nourriture et d'eau dans le chariot ; Scotti se contenta donc de manger et de dormir tandis que la caravane progressait. De temps en temps, il entendait des bruits de combat mais, lorsqu'il cherchait à voir qui avait attaqué le convoi, le spectacle semblait depuis longtemps terminé. Enfin, ils atteignirent la frontière où était postée la garnison impériale.

Scotti présenta ses papiers aux soldats qui arrêtèrent la caravane. Ils lui posèrent toute une série de questions auxquelles il répondit, puis le laissèrent passer. Il lui fallut encore quelques jours pour arriver aux portes de la cité impériale. Si rapides dans la jungle, les chevaux ralentirent sur ce territoire étranger. Le chant des oiseaux de la province et la senteur de ses plantes firent renaître Scotti à la vie. Il avait l'impression que ces derniers mois n'avaient été qu'un rêve.

Aux portes de la cité, on ouvrit la porte du chariot et Scotti en descendit sur des jambes flageolantes. Avant qu'il ait eu le temps de dire quoi que ce soit à l'escorte, elle avait disparu au galop vers le sud. La première chose qu'il fit à présent qu'il était chez lui fut de se rendre à la taverne la plus proche et d'y dévorer des fruits et du pain en buvant du thé. S'il ne devait plus jamais manger de viande, il s'en accommoderait parfaitement.

Immédiatement après, il entama les négociations avec le seigneur Atrius et le seigneur Vanech. Ce fut particulièrement agréable. Les deux commissions étaient parfaitement conscientes de l'intérêt de la reconstruction du Val-Boisé pour leurs agences. Le seigneur Vanech déclara, et il n'avait pas tort, que puisque les contrats avaient été signés sur des papiers portant son en-tête, il en détenait les droits légaux. Le seigneur Atrius signala que Décumus Scotti était son agent et son représentant et qu'il n'avait jamais été renvoyé. On demanda à l'empereur d'arbitrer la querelle, mais il fit savoir qu'il n'était pas disponible. Son conseiller, le Mage de Guerre impérial Jagar Tharn, ayant disparu depuis bien longtemps, ne pouvait pas être sollicité.

Scotti vécut très confortablement aux frais du seigneur Atrius et du seigneur Vanech. Chaque semaine, une lettre de Jurus et de Basth arrivait pour lui demander où en étaient les négociations. Petit à petit, il n'y eut davantage de lettres, les plus urgentes provenant du ministre du Commerce et du Silvenar en personne. La Guerre du Détroit d'Azur se termina et l'archipel de l'Automne arracha de nouvelles îles aux Elfes des Bois. Le conflit contre Elsweyr se poursuivit, ravageant la frontière orientale du Val-Boisé. Pendant ce temps, Vanech et Atrius continuaient à se disputer pour savoir qui allait aider le pays.

Un beau matin, à la fin du printemps de l'année 3E 398, un messager se présenta au domicile de Décumus Scotti.

"Le seigneur Vanech a gagné le marché du Val-Boisé et demande que vous vous rendiez dès que vous le pourrez au siège de la commission, avec les contrats.

- Le seigneur Atrius a-t-il abandonné ? demanda Scotti.

- Il y a été contraint puisqu'il est mort très soudainement après un malheureux accident", répondit le messager.

Scotti s'était demandé combien de temps il faudrait à la Confrérie noire pour entrer en jeu et se charger de l'ultime négociation. Tandis qu'il se rendait à la Commission d'aménagement du seigneur Atrius, un grand bâtiment austère au coeur d'une petite place respectable, il se demanda s'il avait mené son affaire comme il le devait. Vanech pouvait-il se montrer suffisamment rapace en lui proposant un pourcentage inférieur maintenant que son concurrent était mort ? Heureusement, il découvrit que le seigneur Vanech avait déjà décidé de payer la somme réclamée par Scotti au cours des négociations hivernales. Ses conseillers lui avaient expliqué que d'autres commissions moins prestigieuses pouvaient se mêler de l'affaire si elle n'était pas promptement et équitablement réglée.

"Heureux que nous en ayons terminé avec toutes ces affaires de légalité, dit le seigneur Vanech. Maintenant, nous pouvons nous occuper de cette affaire et aider les malheureux Bosmers afin d'en tirer profit. Quel dommage que vous n'ayez pas été notre représentant dans cette affaire avec Bend'r-mahk et les Arnésiens. Mais il y aura bien d'autres guerres, j'en suis persuadé."

Scotti et le seigneur Vanech firent savoir au Silvenar qu'ils étaient prêts à remplir leur part du contrat. Quelques semaines plus tard, ils tinrent un grand banquet pour fêter cette entreprise des plus rentables. Décumus Scotti était l'enfant chéri de la cité impériale et aucune dépense ne fut épargnée pour que cette soirée soit inoubliable.

Alors que Scotti rencontrait les nobles et les riches marchands qui bénéficieraient de cette affaire, une odeur exotique et pourtant familière lui parvint aux narines. Il chercha d'où elle venait. C'était un long plat de viande grillée, si long que l'on n'en voyait presque pas le bout. Les Cyrodiléens s'en goinfraient, incapables de trouver les mots pour exprimer leur plaisir.

"Je n'avais jamais rien mangé de tel !"

"C'est comme du gibier nourri au cochon !"

"Voyez-vous cette association subtile de la viande et du gras ? C'est un plat de maître !"

Scotti vint en couper un morceau mais il remarqua quelque chose qui était incrusté dans la viande. En reculant, il faillit heurter son nouvel employeur, le seigneur Vanech.

"D'où est-ce que cela vient ? balbutia Scotti.

- De notre client, le Silvenar, répondit fièrement Sa Seigneurie. C'est une sorte de plat local qu'ils appellent l'Unthrappa.

Scotti se mit à vomir. Il jeta un froid dans la soirée mais, quand Décumus Scotti fut conduit dans son manoir, les invités continuèrent à dîner. L'Unthrappa fut apprécié de tous. Encore plus quand le seigneur Vanech en prit un morceau et découvrit le premier des deux rubis qui y étaient enfouis. Que les Bosmers étaient raffinés pour faire un tel plat, se dirent les Cyrodiléens...