Chroniques des Cinq compagnons, Vol. 8

De La Grande Bibliotheque de Tamriel
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Média d'origine : TES Online

Par Abnur Tharn, 2E 582



Abnur Tharn reprend la plume.

Si j'avais un drake pour chaque roi de pacotille et empereur à la petite semaine qui voulait poser la main sur l'amulette des Rois, je pourrais acheter Akavir sous les pieds écailleurs de tous ces détestables hommes-serpents.

La perte de l'Amulette après la chute de la dynastie rémane et l'avènement de la Deuxième Ère, plusieurs siècles avant ma naissance, fut considérée comme la plus grande tragédie de son époque. Sans empereur avéré sur le trône de rubis, beaucoup annonçaient la fin du monde. Mais comme tant d'autres annonces comparables par d'autres voyants de province, leurs prédictions ne se sont pas réalisées. Pas encore.

Sans l'Amulette des rois, Tamriel survécut comme à l'époque où les « bénis des dieux » la portaient à leur cou. Le soleil se levait, les habitants s'entretuaient par avidité et par ambition personnelle, des hommes puissants dictaient le sort de ceux qu'ils domaient, et tous s'éveillaient le lendemain pour poursuivre la danse.

Je ne donne pas cher de nos chances contre le prince Daedra. Il est divinement ridicule de penser que, même si ce sort fonctionne, nous pourrons survivre à la confrontation contre une entité si puissante. Le Vestige est une guerrière formidable, mais imparfaite malgré tout. À vrai dire, je préférerais envoyer Titan en cette mission insensée et conserver le Vestige pour un moment où nos préparatifs seront plus prometteurs. Elle, au moins, nous pouvons nous en passer.

Je me rends compte de l'inanité de ce sentiment - et, Titan, si tu lis ces lignes, essaie de ne pas t'arracher tes couettes ridicules. Je suis un Tharn. L'humilité n'est pas notre lot. Cela ne fait aucun doute, ce sera notre seule et unique chance. Nous devons la saisir ou périr à jamais.

Une grande partie de Tamriel a été épargnée par les horreurs de ce conflit et déjà, la terre se remet de l'impact des Ancres, là où elles sont tombées. Le commun accepte cette providence, et loue les efforts de ceux qui ont empêché les Daedra de confondre nos deux mondes, mais comme j'envie au peuple son ignorance ! Ma propre connaissance des Daedra m'apporte un aperçu du terrible monde cauchemardesque qui nous attend, si nous ne forçons pas Molag Bal à lâcher notre monde.

Imaginez, cher lecteur ! Tamriel est un fruit mûr, qui pend dangereusement aux branches fleuries d'un grand arbre. Depuis des éternités, elle reste pendue loi, hors d'atteinte des dents affamées - les Daedra - qui voudraient s'en repaître. Mais la déchirure du voile cosmique causée par l'Éruption des âmes, le rituel de couronnement perverti de Mannimarco, a brisé la branche où pousse notre fruit suscité.

Et imaginez à présent, tandis que nous filons notre charmante métaphore agricole, Molag Bal tel un porc qui se cramponne aux feuilles les plus basses de la branches éclatée. Ses sabots souillés d'excréments lui permettent de prendre appui pour tirer, dans l'espoir d'arracher tout à fait la branche pour se régaler de cette pomme.

L'effort de ceux qui ont empêché la Coalescence et brisé les ancres de Molag Bal ont fait trébucher le porc. Quoi qu'il en soit, ses dents repoussantes n'ont pas lâché la branche. Si nous lui laissons le temps de se reprendre, il reprendra ses forts.

Nous devons écarter les mâchoires de Bolag Bal, par l'application de quelque force colossale. Bien sûr, nous ne pouvons pas utiliser l'Amulette une deuxième fois comme nous l'avons fait à l'Éruption des âmes. Mais si j'ai raison - ce qui va de soi - une modification du sort permettra à un mortel de devenir le vaisseau des Divins, et l'imprégnera du pouvoir de l'Amulette.

Les détails concrets de cette magie suffiraient à remplir tout un volume, aussi en épargnerai-je les détails au lecteur, puisqu'ils sont sans doute trop élevés même pour les érudits en la matière. Il faut un intellect exceptionnel d'un Tharn - et nul vivant n'est plus intelligent que moi - pour en comprendre les complexités.

Si nous réussissons, l'histoire retiendra que ce furent le savoir et l'ambition d'Abnur Tharn qui permirent le salut de ce monde en guidant la main du Vestige. Si nous échouons, alors personne n'en saura rien, car nous serons tous les serviteurs décérébrés du prince Daedra, jusqu'à la nuit des temps.